Rencontre avec Ife Thomas, membre Canoo!

Ife et son mari ont choisi de venir vivre au Canada, car pour eux, c’était le lieu de toutes les chances, de toutes les occasions. Ce qu’elle préfère du Canada est la liberté et la diversité, ce qui, précise-t-elle, ne s’exprime pas seulement par les gens et les cultures, mais aussi par la géographie du pays.

Depuis qu’Ife et sa famille ont reçu leur citoyenneté, ils ont utilisé Canoo comme outil pour les aider à explorer les lieux qui les entourent et même découvrir leur futur endroit préféré : Banff! Après avoir visité la ville, profité d’un pique-nique au lac Minnewanka et relaxé sur les berges en contemplant les montagnes majestueuses, Ife a pu constater combien ses fils appréciaient le moment. Particulièrement son fils aîné, qui a déclaré Banff comme étant son endroit préféré. Chaque jour il demande : « Allons-nous à Banff aujourd’hui? »

Ife affirme que Canoo l’a aidée avec son conjoint et sa famille à explorer le meilleur du Canada, et trouve très pratiques les suggestions d’endroits à visiter, proches ou éloignées, particulièrement les parcs nationaux, pour les enfants. « Canoo était comme une carte géographique qui m’indiquait tous les endroits que je devais visiter sans devoir faire de multiples recherches. » 

Pour Ife, qui élève maintenant sa famille au Canada, l’inclusion est très importante. Cela signifie « se sentir acceptée et accepter les autres, peu importe leur origine, leur religion, leur sexe ou leur passé ». Elle explique qu’elle « ressent un sentiment de fierté de voir tous ces gens de tous horizons vivre ici et s’y sentir accueillis, et de voir toutes ces différences unifier le pays et faire du Canada un endroit où il fait si bon vivre.

Ife s’efforce d’être une citoyenne active, non seulement en allant voter aux élections locales ou nationales, mais aussi « en apprenant et en expérimentant le plus possible la culture canadienne, que ce soit en voyageant à travers le pays ou en visitant des parcs, des musées et des sites historiques locaux ». Ife espère continuer d’utiliser Canoo pour explorer et découvrir d’autres endroits dont elle et sa famille pourront profiter ensemble.

Canoo offre aux nouvelles familles canadiennes l’accès à plus de 1 400 espaces artistiques et culturels et parcs dans tout le Canada. Si l’utilisation de Canoo est gratuite, son fonctionnement, lui, ne l’est pas. À titre d’organisme de bienfaisance, nous comptons sur des dons pour que Canoo reste gratuit pour les nouveaux·elles citoyen·ne·s. Grâce à votre généreux soutien, nous pouvons susciter chez des milliers de nouveaux Canadiens et leur famille un véritable sentiment d’appartenance. Offrez Canoo en cadeau! Devenez un donateur mensuel dès aujourd’hui.

Rencontrez Harish Kashyap, membre Canoo!

Il a choisi de venir au Canada parce que « le Canada est l’un des pays les plus remarquables du monde où les rêves deviennent réalité » Il dit qu’il a pu se voir, ainsi que sa famille, grandir, vivre et partager des moments heureux pour le reste de leur vie ici au Canada.

« Ce que j’aime le plus au Canada, c’est la diversité des gens, je peux échanger des intérêts culturels, m’épanouir dans ma carrière, et aussi offrir une vie saine et sûre à ma famille. »

Harish visite généralement les lieux avec sa famille; il dit que partager ces voyages signifie partager le bonheur et renforcer les liens familiaux. Les endroits préférés qu’il a visités avec Canoo sont le parc national de Banff et le parc national de Jasper pendant l’été. « J’y suis allé avec ma famille et mes amis et leur famille» dit Harish, « nous avons vécu les moments époustouflants du parc national de Banff, et nous étions si près de la nature. Le fait d’être si proche de la vie sauvage et de partager la même route tout en conduisant était la meilleure partie. C’est génial de voir la faune dans son véritable habitat naturel Canoo une super application qui fournit de l’information pratique pour visiter des endroits, quelle que soit la partie du Canada dans laquelle vous vous trouvez. »

Harish estime que les lieux culturels, y compris les espaces naturels comme les parcs nationaux, sont des éléments importants pour favoriser l’inclusion et l’appartenance au Canada. « Ce sont des endroits où nous apprenons à connaître de près les autres personnes et leur culture », dit-il. « Mettre les lieux culturels à disposition de tous permet de respecter les autres cultures tout en apprenant quelque chose de nouveau chaque jour.

« Je peux être fier de représenter l’un des pays les plus respectueux du monde. Pour moi, l’inclusion signifie le sentiment d’être une partie importante de la diversité culturelle. »

Canoo donne aux nouvelles familles canadiennes l’accès à plus de 1 400 espaces artistiques et culturels et parcs dans tout le Canada. Si l’utilisation de Canoo est gratuite, son fonctionnement ne l’est pas. À titre d’organisme de bienfaisance, nous comptons sur les dons pour que Canoo reste gratuit pour les nouveaux·elles citoyen·ne·s canadien·ne·s comme vous. Grâce à votre généreux soutien, nous pouvons aider des milliers de nouveaux·elles Canadien·ne·s et leur famille à s’intégrer. Offrez Canoo en cadeau! Devenez un donateur mensuel dès aujourd’hui.

L’Institut pour la Citoyenneté Canadienne et 6 degrees se sont associés aux Services Culturels du Consulat de France à Toronto pour présenter le Dialogue France-Canada: Espaces démocratiques, questionnant la relation contemporaine entre les espaces publics et la démocratie. 6 Degrees tient également à remercier Knowledge Partners Canadian Urban Institute et 8 80 Cities pour leur soutien.

L’espace urbain est l’endroit où nous vivons. Cela a un impact sur notre vie quotidienne: la manière dont nous interagissons, travaillons, voyageons, achetons et plus encore. Il représente la place publique dans laquelle nous nous réunissons, débattons et unissons nos forces et nos voix en tant que membres d’une communauté.

D’une privatisation croissante de l’espace aux réalités du COVID-19, nous avons discuté de la façon dont notre capacité à se rassembler évoluent et de la manière dont nos espaces partagés doivent changer pour que nos communautés restent fortes.

Nous avons examiné la manière dont les infrastructures et la planification racistes, classistes et inéquitables affectent notre quotidien et notre capacité à participer pleinement à la vie civique. Nos besoins collectifs évoluent. Alors, de quel type d’espace urbain avons-nous besoin pour favoriser le meilleur de notre démocratie dans cette nouvelle ère?

Avec:

– Allocution de l’ambassadeur de France au Canada, Kareen Rispal
– Modératrice: : Amanda O’Rourke, directrice exécutive de 8 80 Cities (Canada)

Les conférenciers

– Habon Ali, étudiant en santé mondiale et bâtisseur communautaire (Somalie/Canada)
– Michael Redhead Champagne, Organisateur communautaire, personnalité publique (La Première Nation de Shamattawa/Winnipeg/Canada)
– Angèle De Lamberterie, Géographe et urbaniste, Chargée du développement de Plateau Urbain (France)
– Yoann Sportouch, Urbaniste, rédacteur en chef du webmagazine “Lumières de la Ville”, fondateur de l’agence de prospective urbaine LDV Studio Urbain (France)

Points clés à retenir

Les espaces publics sont essentiels au processus démocratique. Les espaces publics jouent le rôle d’intermédiaire entre le peuple et l’État. C’est là que nous nous réunissons pour exprimer nos points de vue, soulever nos plaintes et travailler collectivement pour trouver des solutions. C’est dans ces espaces que la société peut se rassembler mais seulement s’ils sont accessibles à tous. Bien que ces espaces puissent exister numériquement – et existent effectivement – ils doivent être complétés par des espaces physiques intégrés dans nos communautés.

La conception des espaces publics doit être éclairée par les besoins de la communauté. Trop souvent dans le développement des espaces publics, les besoins de la communauté sont ignorés, mal jaugés voire éclipsés par les intérêts privés. Pour qu’un espace public renforce une société, il doit être conçu en consultation franche et approfondie avec la communauté qu’il sert, et avec un véritable effort pour réaliser la vision que la communauté exige. Pour être réellement publiques, ces consultations doivent également permettre la participation de ceux qui sont le plus souvent marginalisés.

Les besoins de la communauté ne sont pas statiques. Comme le démontre la crise du COVID-19, nous ne pouvons pas prédire toutes les manières dont l’espace public pourrait être nécessaire à l’avenir. Nos espaces doivent donc être flexibles, accommodants et nombreux pour répondre aux besoins dynamiques des communautés à mesure qu’ils se présentent.

Pour soutenir la démocratie, nous devons avoir des espaces publics qui facilitent le dialogue et la collaboration entre des personnes diverses. Le simple accès à un espace public physique ne suffit pas. De nombreux espaces accessibles au public sont conçus autour de la consommation, du transport ou des loisirs, mais pas du dialogue. La conception et la gestion d’un espace démocratique doivent favoriser la construction de réseaux et l’échange d’idées. Souvent, les personnes les plus marginalisées sont aussi celles qui se sentent le moins soutenues par nos démocraties, tout en étant également confrontées aux plus grands obstacles à la participation. Nous avons la responsabilité de veiller à ce que leurs voix soient entendues. Nous devons être proactifs dans la création de structures, à la fois physiques et philosophiques, pour inclure de manière significative ceux qui sont les plus marginalisés dans nos conversations publiques. Nous devons favoriser l’appartenance à ces espaces et pas seulement leur accès.

Les succès dans les espaces publics peuvent être reproduits et partagés. Bien que les exigences en matière d’espace public diffèrent selon les zones géographiques, les réussites peuvent être reproduites, répétées et mises à l’échelle d’autres environnements. Les communautés y sont attentives. Les urbanistes y sont attentifs. Nous avons tous l’occasion de montrer l’exemple en créant des espaces publics inclusifs, démocratiques et axés sur la communauté.

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Rencontrez Gauri Suri un membre Canoo! Gauri a quitté l’Inde pour venir vivre au Canada il y a presque 10 ans et a obtenu sa citoyenneté canadienne, en ligne, en mai de cette année.

« Ce que j’aime le plus du Canada est la gentillesse des gens », explique Gauri. « Le Canada est véritablement un pays de toutes les opportunités et une nation diversifiée, où je sais que je peux accomplir tous ce que je veux, peu importe ce que j’ai en tête. Il y a 10 ans, j’ai immigré au Canada et j’ai l’impression de toujours avoir pu atteindre mes buts en travaillant fort et aussi grâce à la gentillesse que l’on m’a montré, parfois par des inconnus, que je considère maintenant comme mes amis et ma famille ».

Gauri a utilisé son appli Canoo pour visiter des musées de Vancouver et de Calgary, ainsi que des parcs nationaux de Banff et de Lake Louise.

« J’adore l’appli Canoo! » dit Gauri. « Quelle belle idée de permettre à tous les nouveaux citoyens d’en apprendre plus sur le pays, sa culture et ses traditions ».

« J’ai vécu de fantastiques expériences grâce à Canoo. Au cours de l’été 2020, nos activités étaient limitées en raison de la pandémie. Mais comme je vis tout près des Rocheuses et que je suis du type randonneuse, j’ai pu admirer les magnifiques lacs turquoise, les chutes et les montagnes majestueuses de Banff et de Lake Louise. Tous ces lieux ont préservé ma santé mentale et, bien sûr, la nature m’a époustouflée chaque fois pour des moments magiques. Les mots me manquent pour décrire les paysages que j’ai pu contempler. De plus, j’ai réussi à convaincre des amis d’expérimenter la randonnée au lever du soleil, ce qui est devenu une habitude de tous les week-ends pour nous! »

Gauri croit que la nature et la culture sont d’importants facteurs d’inclusion. « La culture joue un rôle important, car elle nous montre à voir le bon dans toutes les ethnicités. En cette terre d’accueil, nous sommes tous libres de célébrer ensemble et d’appeler ce pays une nation diversifiée ».

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Rencontre avec Anique Ellis, membre Canoo. C’est en octobre 2007 qu’Anique Ellis est venue pour la première fois au Canada, dans le cadre d’un programme d’échange culturel pour les enseignants jamaïcains en formation avec le Northern Lights College de Fort St. John, en Colombie-Britannique. « C’est à ce moment que je suis littéralement tombée amoureuse du Canada », explique Anique Ellis. « La culture et les gens m’ont tout de suite convaincue de venir m’installer au Canada. Lorsque je suis retournée en Jamaïque pour terminer ma formation d’enseignante, je n’ai pas tardé à entamer le processus ».

Anique Ellis est enthousiaste et fière d’être une citoyenne canadienne. « Je prends toute la responsabilité de mon rôle de citoyenne et je m’assure de contribuer à la société comme je le peux ».

« Le Canada est un endroit fantastique où vivre », affirme-t-elle. « Ce n’est pas qu’un beau pays, il est aussi inclusif. Tout le monde est traité également et les différentes cultures sont célébrées et appréciées. L’inclusion, c’est le Canada; vivre au Canada, c’est vivre l’inclusion ».

Anique Ellis a visité plusieurs provinces et est incapable de nommer sa préférée. « Le Canada est absolument époustouflant », s’exclame-t-elle. « J’ai visité le Manitoba, l’Ontario, la Colombie-Britannique et l’Alberta et je suis incapable de nommer la province que je préfère! Chaque province est unique, riche sur le plan culturel et regorge d’activités et d’endroits à expérimenter et explorer ».

Habituellement, Anique Ellis visite des lieux avec son fils. Son endroit préféré est le Royal Alberta Museum. « J’ai vécu une expérience mémorable au Royal Alberta Museum », indique-t-elle. « La première fois, c’était avec mon fils, en décembre 2019. J’ai adoré les coins aménagés pour les enfants qui leur permettent d’apprendre, d’explorer et de jouer dans le musée. Le personnel était très gentil et accueillant.

Les lieux culturels comme le Royal Alberta Museum offrent à chaque Canadien l’occasion d’en apprendre plus sur d’autres cultures, ce qui aide à faire tomber les barrières et les préjugés, tout en favorisant le dialogue et l’acceptation de nos différences. C’est ce qui nous distingue, comme Canadien.

Grâce à Canoo, j’apprécie encore plus l’histoire et le patrimoine riches du Canada. Canoo permet de lier histoire, culture et divertissement. C’est une expérience extraordinaire! »

Au cours des six derniers mois, de nombreux Canadiens ont lutté contre les effets de l’isolement et des fermetures généralisées. Nos citoyens les plus marginalisés – y compris les personnes autochtones, les personnes de couleur, les nouveaux immigrants et les Canadiens à faible revenu – ont été particulièrement touchés.

Nous nous sommes entretenus avec la 26e gouverneure générale du Canada et cofondatrice de l’ICC, la très honorable Adrienne Clarkson, pour discuter des contrecoups de la pandémie de COVID-19 sur les Canadien·ne·s, ainsi que de la montée de la discrimination et de la désinformation à la suite de la pandémie.

En tant qu’ancienne réfugiée, Mme Clarkson nous partage son point de vue sur les raisons pour lesquelles le Canada doit réaffirmer son engagement envers l’immigration et les besoins des réfugiés, même pendant la pandémie.

Sejla Rizvic : Depuis le début de la pandémie, de nombreux problèmes sociaux de longue date ont été mis en évidence. Quel est votre point de vue sur les discriminations qui sont apparues depuis la pandémie, en particulier à l’encontre des Canadiens et des Canadiennes d’origine asiatique et des récentes manifestations de Black Lives Matter?
Adrienne Clarkson : Je pense que, ce que les manifestations de Black Lives Matter nous disent, c’est que nous ne pouvons pas continuer à dire : « Ok, essayons de rendre les choses agréables, petit à petit. » Nous devons vraiment nous mettre à la tâche et reconnaître qu’il y a un racisme systémique – non pas que chaque policier ou chaque personne en autorité soit raciste, mais que le système, qu’ils représentent, est basé sur un modèle raciste : que les blancs sont meilleurs que n’importe qui d’autre. C’est du racisme systémique, le système colonial dans lequel nous vivons tous, et cela doit cesser maintenant.

J’étais jeune à l’époque des mouvements des droits civils dans les années 1960. Soixante ans se sont écoulés depuis, et ça ne s’est pas passé comme prévu. Nous devons prendre des mesures vraiment drastiques. Et c’est là que mon point de vue a peut-être changé, car je pense maintenant que nous devons prendre des mesures directes pour attirer un quota de personnes noires au sein des conseils d’administration des organisations et dans la gestion structurelle. Nous ne pouvons plus attendre. L’inégalité est trop grande et la souffrance humaine est trop importante.

En ce qui concerne le sentiment anti-asiatique, je pense qu’il est très regrettable que les gens pensent que les Chinois sont à blâmer pour la COVID-19. Bien sûr, c’est le résultat de l’ignorance totale, du sectarisme et de la haine — qu’on voit surtout au sud de la frontière, chez la plus haute fonction du pays. Et c’est dégoûtant, répréhensible et totalement injustifié. J’ai lu les histoires de personnes d’origine chinoise à Vancouver, où il y a une communauté très importante et très visible, qui sont canadiennes et qui sont victimes de discrimination. Les Canadiens d’origine asiatique se font attaquer et dénigrer. C’est absolument épouvantable.

En tant qu’ancienne journaliste de la CBC, que pensez-vous de la tendance alarmante à la désinformation que nous avons constatée relativement à la COVID-19? Cela est-il comparable à tout ce que vous avez vu pendant votre carrière de journaliste?
Non, et je dirais que c’est à cause des médias sociaux. Maintenant, tout le monde peut se connecter et dire ce qu’il veut. Et quand on voit le président du pays voisin répandre lui-même la désinformation — dire des choses absurdes et effrayantes, voire mentir en disant que la COVID-19 va tout simplement disparaître — alors il n’est pas difficile de comprendre pourquoi la désinformation se répand si vite. La désinformation vient de se multiplier : elle se propage sur les médias sociaux et les gens finissent par écouter des choses qui n’ont aucun fondement dans les faits.

Une autre question dont nous avons parlé dans notre série est l’incidence de la pandémie sur les réfugiés et les nouveaux immigrants au Canada. Je sais que vous êtes vous-même une réfugiée, et en fait, moi aussi – ma famille est venue ici de Bosnie en 1995. Le rétablissement mondial des réfugiés a été interrompu pendant la COVID-19, mais la crise des réfugiés persiste. Selon vous, dans quelle mesure les gouvernements sont-ils responsables de ne pas oublier les réfugiés pendant cette période?
Je pense que c’est le moment de penser vraiment aux réfugiés et d’accueillir plus de gens. Je suis très, très catégorique à ce sujet. J’ai lu récemment que l’immigration allait diminuer d’au moins 30 % cette année en raison de la COVID-19. C’est terrifiant parce que nous avons besoin d’immigrants, nous avons besoin de réfugiés.

Nous savons, à la lumière des statistiques qu’après 2030, notre population ne connaîtra pas de croissance si ce n’est par l’immigration. Nous n’avons pas assez d’enfants pour faire les choses dont nous avons besoin pour maintenir nos pensions, pour conserver notre système de santé universel, et nous avons donc besoin d’immigrants. Nous avons besoin de gens qui sont venus ici, comme vous il y a 25 ans, avec vos parents. N’est-ce pas?

Je suis peut-être intéressée, parce que j’étais une réfugiée et que j’ai été accueillie. Ce n’est pas sans difficulté – rien n’a été pavé d’or pour nous d’aucune manière, sous quelque forme que ce soit. Mais le Canada est un pays où, si vous vouliez vivre votre vie, élever vos enfants, et que vous aviez tout perdu ailleurs, vous pouvez le faire. Et si nous ne pouvons pas le faire parce qu’il y a une pandémie, c’est un vrai problème. Je pense que nous devrons nous rattraper le plus vite possible dès que cette crise sera terminée.

Il est évident que c’est une période très étrange et difficile pour arriver dans le pays. Quel genre de message devez-vous faire passer aux nouveaux immigrants?
Eh bien, si vous venez tout juste d’arriver, sachez que ce n’est pas comme ça que nous sommes habituellement [rires]. Nous vous accueillerions avec le sourire – on ne voit pas un sourire à travers un masque – nous essaierons de vous aider.

Certaines personnes qui arrivent sont parrainées par un groupe social, un groupe religieux, un groupe de synagogues ou autre, et ma propre église paroissiale a toujours adopté des familles. Il faut environ six ou sept familles pour s’occuper d’une famille qui arrive parce qu’elle a beaucoup de besoins : trouver un appartement, inscrire les enfants à l’école, à la garderie, etc. Nous pouvons aussi faire de petites choses, comme leur donner des patins pour aller à la patinoire. Ce sont ces petites attentions personnelles qui nous caractérisent si bien ici au Canada.

Le monde est un endroit terrifiant et les gens se font jeter hors de chez eux sans raison, mais le Canada donne aux gens une autre chance. Je dis toujours que l’immigration, même si elle n’est pas très importante, est une occasion de transformation; vous ne serez pas la même personne que vous étiez même si vous étiez resté dans votre propre pays. Le Canada est un lieu de secondes chances et je pense que c’est ce que nous tous qui avons été réfugiés ou immigrants ressentons à propos du Canada, même si nous ne le disons pas avec autant de mots, que c’est un lieu qui nous a donné la capacité de devenir autre chose, et même plus que ce que nous aurions pu être si nous étions restés dans le pays où nous sommes nés.

Je suis intéressée par l’avenir maintenant et je me demande à quoi le monde pourrait ressembler dans 20 ans si nous avions géré cette crise de la bonne façon. Quelles leçons devrions-nous tirer maintenant pour que cela soit possible dans 20 ans?J’aimerais bien avoir une boule de cristal. J’ai toujours eu tort dans tout ce que je prédisais [rires]. Ce que je veux faire, c’est continuer à défendre les réfugiés et en accueillir le plus grand nombre possible, en accueillant les immigrants et les réfugiés dans tout le pays, et pas seulement dans les grands centres.

Nous devons accueillir les gens qui arrivent aujourd’hui, comme nous l’avons fait ou comme nos grands-parents l’ont fait – en commençant par rien d’autre que leurs espoirs – dans un pays qui possède une grande structure parlementaire, la liberté d’expression, la liberté de religion, la liberté de se déplacer partout, des lois contre la haine. Nous avons besoin de gens du monde entier parce que nous pouvons les transformer en Canadiens.

Cette entrevue a été modifiée pour des raisons de clarté et de longueur.

Indigitization est un programme visant à promouvoir et à offrir la possibilité de numériser les connaissances dans les communautés autochtones. Cette initiative est le fruit d’une collaboration entre des groupes autochtones de la Colombie-Britannique et des partenaires universitaires, soit l’University of British Columbia (UBC) et l’University of Northern British Columbia (UNBC). 

C’est en 2012 que le programme Indigitization est mis en œuvre. Au cours des huit dernières années, l’équipe multidisciplinaire a développé des protocoles et des politiques d’accès appropriés sur le plan culturel, préparé des trousses d’outils accessibles et créé une subvention permettant de numériser les connaissances des Premières Nations de la Colombie-Britannique, en tout respect de leur réalité. Indigitization se sert des commentaires reçus pour adapter ses travaux en continu. L’équipe a aussi demandé à des participant·e·s du programme d’agir à titre de partenaires pour l’événement Indigitization Futures Forum tenu en 2016. 

Nous avons discuté avec Gerry Lawson de ce modèle unique en son genre alliant patrimoine culturel, pratiques d’information culturellement appropriées et développement communautaire durable.

Julia  Matamoros 

Partnerships Officer

Commençons par mettre le tout en contexte. Pourquoi le programme Indigitization a-t-il été créé et à quels besoins ou lacunes vient-il répondre? 

Lorsque le projet pilote a démarré, très peu de numérisation était effectuée dans les organismes des Premières Nations, même si le besoin était criant. Certains organismes communautaires faisaient de la numérisation, mais il leur était impossible de savoir s’ils respectaient les pratiques exemplaires en matière de numérisation. Les organismes dans les communautés possèdent de modestes ou de très vastes collections d’enregistrements du patrimoine culturel, et ce, dans presque tous les formats possibles et imaginables. C’était presque unanime : les communautés sentaient que ces enregistrements étaient trop précieux pour les confier à une organisation externe. À cette époque, il n’y avait que très peu de directives relativement aux pratiques de numérisation et le financement était généralement insuffisant pour cette tâche. 

Le financement offert aux organismes de conservation de la mémoire était bien souvent soit non disponible, soit non approprié aux collections des communautés des Premières Nations. Ces programmes de financement nous obligeaient par ailleurs à adopter des pratiques onéreuses et à fournir un accès libre complet au contenu numérisé. Sur le plan éthique, presque aucune collection de connaissances des communautés autochtones ne pouvait devenir totalement accessible. En plus des contraintes imposées par le régime occidental de propriété intellectuelle, le savoir autochtone est assujetti à des protocoles d’accès culturel distincts pour chaque communauté. Bien souvent, ces protocoles n’avaient pas été mis en place pour gérer la sphère numérique.

Qui plus est, la plupart des directives sur les pratiques exemplaires de numérisation audio étaient rédigées dans un jargon hautement technique et plusieurs d’entre elles étaient désuètes quant à l’équipement minimum requis. Bref, l’équipement requis n’était pas disponible, les documents n’étaient compréhensibles de personne hormis des expert·e·s du domaine et les « pratiques exemplaires » ne cadraient pas avec ce que l’on pourrait appeler de « pratiques actuelles ». Les gestionnaires des collections dans les communautés se trouvaient donc bloqués, aussi bien par un manque de financement que par le manque de clarté des directives pour aller de l’avant. 

Comment le programme Indigitization résout-il ces problèmes?

Dans le cadre du projet pilote de 2012, nous avons développé une trousse de numérisation de cassettes audio tout-en-un extrêmement facile à assembler. Le manuel d’instructions (presque totalement) exempt de jargon technique qui accompagne cette trousse permet aux petites organisations de planifier leur projet de numérisation et de suivre une méthodologie étape par étape pour l’évaluation de la condition et la numérisation aux fins de préservation. L’Irving K Barber Learning Centre (IKBLC), qui a financé le projet pilote initial, a courageusement réinvesti dans le projet pour faire de ces trousses un programme continu d’octroi de subventions. 

Nous avons pu mettre en place un processus de financement qui n’oblige pas les organisations des Premières Nations à rendre leurs enregistrements accessibles au public. Nous demandons aux communautés d’utiliser leurs collections numérisées comme base pour établir des politiques d’accès appropriées sur le plan culturel. La subvention inclut également une formation technique ainsi qu’un soutien en continu pour toute la durée de leur projet. Nous avons été en mesure d’adapter les paramètres de subvention d’un cycle à l’autre et de l’améliorer en continu afin de répondre aux besoins en capacité technique de ces organisations.

En quoi ce programme est-il unique en son genre? 

Je crois que notre programme se distingue par les personnes mêmes qui y ont travaillé. Même si l’initiative s’apparente à une collaboration purement universitaire avec l’UBC, ce projet a en fait pris racine dans la communauté. 

Notre équipe de base est restée très axée sur les besoins en constante évolution des communautés autochtones. D’autres personnes et organisations ont pu se joindre à nous et faire évoluer le programme, et ce, sans perdre de vue nos objectifs fondamentaux.

Les personnes qui ont dirigé le processus de préparation de nos guides et les membres de la direction du programme ont tous et toutes de l’expérience de travail directement dans des organismes communautaires. La première coordonnatrice du projet Indigitization, Mimi Lam, qui a préparé plusieurs des guides, a acquis la majorité de son expérience au sein de l’organisme Union of BC Indian Chiefs. C’est là d’ailleurs que j’ai moi-même développé mes pratiques de numérisation. Sarah Dupont, une femme d’origine métisse qui a repris les rênes de la coordination après Mimi, a mis à profit son expérience de travail auprès d’expert·e·s communautaires pour développer la plupart des paramètres de subvention et des protocoles de nos ateliers de formation en personne. Sarah a également porté attention aux commentaires afin de toujours innover et améliorer le processus boursier à chaque étape. Erica Hernandez-Read, des Archives de l’UNBC, jouit de solides relations avec les communautés du nord et a contribué à en développer de nombreuses autres. Lisa Nathan, de l’iSchool de l’UBC, a mis à profit sa grande éthique de travail avec les étudiants dans ce projet. Plus récemment, nous avons accueilli Kayla Lar-Son qui a pris la relève de Sarah comme coordonnatrice du programme. Sarah gère toujours de nombreux volets du programme Indigitization simultanément à ses tâches de directrice de la Xwi7xwa Library de l’UBC. Plusieurs étudiant·e·s ont abattu un travail véritablement durable dans le programme, grâce notamment aux leçons tirées de leur participation étudiante dans de précédentes activités financées. 

Le patrimoine culturel est si vaste : comment les communautés déterminent-elles ce qu’elles souhaitent numériser? 

Le patrimoine culturel est très large et c’est d’autant plus vrai dans les organisations des Premières Nations. Presque tous les enregistrements comportent du contenu associé à la langue, à la culture ou à l’histoire. Même des archives qui semblent banales, par exemple des enregistrements de réunions de conseils de bande, contiennent des prières, des chansons et des contes.

Certains organismes communautaires, comme les programmes ou écoles d’enseignement des langues, possèdent également des collections bien spécifiques. Ces collections contiennent parfois des enregistrements de groupes s’exprimant dans une langue en particulier, des entretiens avec des aînés ou des leçons de langue plus structurées. Dans l’ensemble, les communautés disposent de collections variées comportant une diversité de projets structurés de tradition orale, des enregistrements aux fins d’utilisation traditionnelle, des enregistrements de linguistes ou d’autres universitaires, de potlatchs ou encore de transmission des connaissances familiales. C’est exactement la raison pour laquelle Indigitization cible particulièrement le contenu du patrimoine culturel plutôt que des « cours de langues » ou certains autres thèmes plus pointus. 

Tous ces documents sont importants et nous voulons que chaque communauté décide de ses propres priorités. Les communautés se situent toutes à des étapes différentes par rapport aux défis de langue, de culture et de gouvernance qu’elles doivent relever. Chaque communauté s’attaque à ces défis selon des stratégies et priorités locales, qui auront les plus grandes retombées à long terme sur la santé de leur collectivité. C’est pourquoi les communautés sont les mieux placées pour décider du contenu qu’elles souhaitent numériser en priorité dans leurs collections.

Comment êtes-vous entré en contact avec les communautés au départ et comment ces relations évoluent-elles au fil de la collaboration dans le projet Indigitization? 

Pour les premières rondes de financement d’Indigitization, nous avons d’abord misé sur le bouche-à-oreille parmi nos relations et réseaux existants. Puisqu’il n’existait aucune ressource semblable à Indigitization au départ, plusieurs organismes autochtones qui étaient à la recherche de ce type d’aide étaient déjà prêts à embarquer. Au fur et à mesure que le programme gagnait en maturité, nous avons utilisé d’autres canaux pour rejoindre les gens, notamment des publicités payées dans les réseaux techniques autochtones et dans une station de radio du nord de l’Alberta. Les médias sociaux constituent aussi des vecteurs de plus en plus importants pour rejoindre nos partenaires des communautés.

Nous avons aidé plusieurs bénéficiaires de subvention, qui sont pour nous des partenaires, afin d’accroître leur capacité dans de nouveaux domaines ou former de nouvelles personnes. Nous avons également soutenu certaines de ces organisations en les aidant à obtenir des subventions d’autres organismes ou en leur rédigeant des lettres d’appui. Nous gardons le contact avec presque toutes les organisations avec lesquelles nous avons collaboré, à tout le moins de façon périodique. 

En 2016, nous avons organisé l’événement Indigitization Futures Forum. Il s’agissait d’un symposium regroupant 23 de nos ancien·ne·s partenaires et plusieurs de nos collègues de la gestion de l’information pour discuter des réussites et des lacunes quant à la numérisation du patrimoine culturel dans les communautés autochtones. Les discussions et les commentaires soulevés lors de cet événement nous ont aidé·e·s à planifier l’avenir du programme Indigitization.

Comment intégrez-vous de bonnes pratiques éthiques et culturelles dans votre travail? Était-ce un objectif dès le départ? 

Absolument, c’était un objectif dès le départ. Notre capacité à mettre en œuvre des pratiques culturelles appropriées nous venait de l’expérience personnelle des membres de l’équipe qui ont travaillé directement pour ou avec des organismes des communautés autochtones. Les membres autochtones de notre équipe contribuent également à une meilleure compréhension dans le projet, apportant des points de vue personnels sur les mécanismes de trauma et de perte culturels.

Des pratiques exemplaires en matière culturelle sont établies par les expert·e·s des communautés locales. Règle générale, je laisse de côté les pratiques inappropriées sur le plan culturel qui sont incluses dans nos guides, mais qui dominent le discours et les manières de fonctionner en numérisation. Notons par exemple les exigences très coûteuses à respecter pour l’admissibilité à du financement, l’accès complet obligatoire au contenu et l’adhésion au concept occidental de propriété intellectuelle qui ne reconnaît pas le droit des Autochtones à accéder à leur propre patrimoine culturel et à le contrôler. 

Dans le cadre du programme, nous adoptons plusieurs pratiques et protocoles dans nos communications et dans nos ateliers de formation qui permettent d’approfondir les relations avec les communautés. Ainsi, nos partenaires se sentent mieux accueilli·e·s et plus disposé·e·s à apprendre lorsqu’elles et ils visitent nos installations universitaires coloniales. 

Ayant agi à titre de directrice pendant la majeure partie de l’existence de notre programme, Sarah Dupont est celle qui s’est battue pour intégrer la plupart de ces pratiques. Par exemple, des représentant·e·s des communautés autochtones accueillent nos participants et contribuent au partage de connaissances lors des discussions dans les différents projets. Ou encore, des traiteur·euse·s autochtones se chargent de la plupart de nos repas communs. Les exemples sont nombreux, car c’est une préoccupation de premier plan lorsque nous planifions nos rassemblements.

 D’un côté, on trouve la numérisation de contenu en tant que tel et de l’autre, la gestion de l’information du patrimoine numérique au fil de sa croissance. Quelle est votre vision quant à l’accès et à l’utilisation de ce matériel? 

La gestion de l’information est un domaine extrêmement coûteux. Au début de notre projet, nous nous attaquions à un enjeu ciblé, mais essentiel, faisant partie d’un problème plus vaste. Le succès de la numérisation n’est possible que dans un certain cadre. Nous avons accès pendant un certain temps seulement à de l’équipement pouvant faire jouer ces formats et les médias eux-mêmes sont parfois endommagés avec l’âge. 

Actuellement, nous préparons des guides sur des formats assez courants comme le VHS, le Betamax et la bobine libre. Ces formats sont beaucoup plus complexes à numériser que la cassette audio. Nous préparons en ce moment d’autres ressources pour soutenir les processus de base de la gestion des collections. C’est le point de départ pour résoudre le problème plus large de gestion de l’information. Nous devons aussi tenir compte de la portée que nous souhaitons donner à notre programme. Nous n’avons pas à régler chaque problème distinct et de nombreux cas seraient mieux pris en charge par d’autres organisations ou équipes.

Quelles stratégies adoptez-vous pour que ces archives circulent?

L’un des plus importants systèmes de gestion de contenu (SGC) émergent est Mukurtu. Mukurtu est un SGC en source ouverte, qui vise à donner les moyens aux communautés autochtones de gérer et de partager leur patrimoine culturel de manière appropriée. À l’origine, il a été développé pour une communauté autochtone australienne, afin qu’elle puisse gérer l’accès à l’aide de protocoles locaux. Par la suite, ce système a pris de l’ampleur et il est maintenant possible de l’adapter aux protocoles locaux d’autres communautés autochtones. Ce système est loin d’être parfait, mais il est un véritable pionnier pour orienter des organisations communautaires vers des pratiques de gestion de l’information plus structurées. Michael Wynne, membre de l’équipe de Mukurtu, siège à notre comité directeur pour nous aider à mieux concerter nos efforts communs. 

 

Pensez-vous qu’Indigitization pourrait éventuellement collaborer avec d’autres partenaires que les universités ou avec d’autres secteurs en particulier? 

Le projet Indigitization est multidisciplinaire et intersectoriel dans son essence et il a toujours été ouvert à la collaboration lorsque les objectifs concordent. C’est une qualité essentielle pour la plupart des membres de notre équipe de savoir remettre en question certaines pratiques que l’on nous a apprises. De telles collaborations peuvent prendre la forme de partenariats structurels, par exemple, lorsqu’une nouvelle organisation intègre l’équipe d’Indigitization. Il peut aussi s’agir de partenariats temporaires, lorsque nous nous associons à un autre groupe pour développer de nouvelles ressources ou atteindre un nouveau public cible. La collaboration peut aussi demeurer informelle, où chaque organisation aide l’autre à atteindre ses objectifs sans engagement plus grand. 

Les Archives de l’UBNC sont un partenaire de longue date, tout comme le Sustainable Heritage Network de la Washington State University. Actuellement, nous développons de nouvelles relations de travail avec le First Peoples Cultural Council ainsi qu’avec des collègues de la Mount Royal University. Au fil de notre croissance, nous devons accroître notre capacité, particulièrement en ce qui concerne les outils éducatifs, le soutien aux systèmes de gestion de l’information et l’élargissement de la portée de nos ressources; c’est pourquoi nous serons appelé·e·s à établir des partenariats avec des organisations qui ont des objectifs semblables et qui sont bien positionnées pour relever ces défis.

 Cette entrevue a été modifiée pour des raisons de clarté et de longueur.

Rencontre avec Angelina Paras, membre Canoo.

Angelina a décidé de déménager au Canada parce que «c’est un pays à l’histoire digne d’intérêt, mais également à ses débuts en matière de potentiel économique et social. Je crois que mes enfants et moi-même avons beaucoup à apprendre de ce pays, et que nous pouvons également y apporter notre contribution.»

«Ce que je préfère du Canada est la riche diversité ethnique conjuguée à une population formidable qui accueille à bras ouverts des gens provenant des quatre coins du monde. C’est ce qui m’a motivée à m’établir ici et y élever mes enfants. En fait, le Canada adopte le multiculturalisme en tant que politique nationale. D’emblée, c’est ce que j’ai ressenti étant donné qu’on encourage la représentation des minorités sur le marché du travail et dans le domaine de l’éducation en plus de l’abondance de services de soutien offerts aux nouveaux arrivants comme moi.»

«L’endroit que je préfère au Canada est ma nouvelle résidence et ma nouvelle communauté vu ce qu’elles symbolisent dans mon parcours d’immigration. Or, si le pouvais, je revisiterais Banff en Alberta, un endroit bucolique, puisque nous avons célébré notre anniversaire de mariage, qui restera gravé dans ma mémoire, dans ce village pittoresque.»

Angelina Paras explique «normalement, je visite les lieux Canoo avec mon mari, mes enfants et ma belle-mère, qui habite à Toronto, mais qui vit avec nous à Winnipeg quelques mois pas année. Le meilleur endroit que Canoo m’a permis de visiter est le Musée canadien pour les droits de la personne (MDCP).  J’ai visité le MDCP à plusieurs reprises, mais il offre toujours quelque chose de nouveau. En juillet 2019, j’ai utilisé mon application Canoo pour visiter l’exposition Mandela avec mon amie, provenant du Minnesota, qui me rendait visite. Cet État possède ses propres musées extraordinaires, mais j’étais fière de lui présenter le premier musée au monde à se consacrer aux droits de la personne. Nous nous sentions privilégiées de voir l’exposition sur Mandela à l’époque. Puisqu’elle est éducatrice et que je travaille pour l’Assemblée législative du Manitoba, nous devons non seulement satisfaire notre curiosité personnelle, mais nous devons également rester à l’affût des enjeux politiques! Les efforts de conservation et de recherche consentis dans ces expositions sont remarquable. D’ailleurs, en tant que winnipégoise, je me sens privilégiée d’avoir facilement accès à cette excellente institution.»

«Bien que j’œuvre auprès des gouvernements municipal et provincial, j’ai été assignée à remplir les fonctions de juré, ai été bénévole lors de nombreux événements et voté deux fois depuis mon arrivée, je crois que la participation citoyenne peut prendre différentes formes. En effet, il peut s’agir d’un geste aussi simple que d’accueillir des nouveaux citoyens ou assister à un match quelconque à l’école de votre enfant. Elle peut se concrétiser par la transmission d’une recette traditionnelle personnelle ou par le fait d’aider un membre du voisinage dans le besoin. À mon avis, lorsqu’on tente d’apporter davantage à la société dans laquelle on vit ce qu’on en retire représente le concept de participation citoyenne.»

Elle poursuit la conversation en disant que «l’inclusion transcende la notion de tolérance qui, à mon avis, signifie « endurer ». L’inclusion se traduit par l’accueil intentionnel d’autres personnes et de leur culture, c’est-à-dire leur laisser de la place et de faire preuve d’ouverture d’esprit. Il s’agit également de reconnaître et d’apprécier la contribution possible des autres.»

«Les lieux culturels agissent à titre de théâtre vivant en nous donnant un aperçu du mode de vie d’autrui. La sensibilisation ouvre la voie à l’inclusion, car elle permet aux gens de réaliser qu’ils vivent dans une grande société et que celle-ci foisonne de langues, de demeures, de mets, de croyances, de genres musicaux, de tenues vestimentaires, de traditions et de coutumes. En fait, les établissements culturels sont des kaléidoscopes du monde merveilleusement diversifié dans lequel nous vivons. «Canoo m’a ouvert les portes de lieux incontournables pour des nouveaux arrivants comme moi. Grâce à Canoo et à la générosité d’autrui, ma famille a pu jouir d’un aperçu des musées et des parcs nationaux, que nous visiterons de nouveau ultérieurement. »

Canoo donne aux nouvelles familles canadiennes l’accès à plus de 1 400 espaces artistiques et culturels et parcs dans tout le Canada. Si l’utilisation de Canoo est gratuite, son fonctionnement ne l’est pas. À titre d’organisme de bienfaisance, nous comptons sur les dons pour que Canoo reste gratuit pour les nouveaux·elles citoyen·ne·s canadien·ne·s comme vous. Grâce à votre généreux soutien, nous pouvons aider des milliers de nouveaux·elles Canadien·ne·s et leur famille à s’intégrer. Offrez Canoo en cadeau! Devenez un donateur mensuel dès aujourd’hui.

La COVID-19 a mis en lumière certaines des inégalités flagrantes qui existent au Canada en matière d’accès aux soins de santé. Les disparités qui caractérisent les déterminants sociaux de la santé comme le logement, l’alimentation, l’éducation et les niveaux de revenu empêchent la mise en place d’un système de soins de santé véritablement équitable. Parmi les personnes les plus touchées par ces inégalités comptent les Canadiens et Canadiennes racialisés, notamment les Noirs et les Autochtones.

Même lorsque les PANDC peuvent accéder aux soins dont ils ont besoin, ils se heurtent à un autre obstacle : le racisme ancré dans le système de santé, lié à un passé colonial, qui a des répercussions significatives sur le diagnostic, le traitement et la qualité des soins qu’elles reçoivent.

On n’a qu’à penser à la série d’incidents en Colombie-Britannique, signalés pour la première fois en juin dernier, impliquant des médecins et infirmières qui se sont livré à un « jeu » pour deviner le taux d’alcool dans le sang des patients autochtones reçus aux urgences. Ces situations ont entraîné l’ouverture d’une enquête et une condamnation de la part des groupes autochtones. Calqué sur l’émission télévisée « The Price is Right », le jeu consistait pour les participants, en l’occurrence le personnel soignant, à essayer de deviner le taux d’alcool exact des patients.

Un autre exemple est celui du décès en 2008 de Brian Sinclair, un Autochtone arrivé aux urgences d’un hôpital de Winnipeg, où il a été ignoré par le personnel pendant 34 heures jusqu’à ce qu’il finisse par succomber à une infection urinaire. Des employés de l’hôpital ont déclaré qu’ils pensaient que Brian Sinclair était ivre et qu’il « se reposait » dans la salle d’attente. En 2017, un groupe de médecins et d’universitaires a publié un rapport concluant que la mort de M. Sinclair était attribuable au racisme dont il a été victime en tant qu’Autochtone.

Ce ne sont là que deux des nombreux exemples de racisme antiautochtone enraciné dans notre système de santé et qui empêche les Autochtones d’accéder à des soins équitables. C’est ce racisme qui fait hésiter certains patients autochtones à se rendre dans une clinique ou à l’hôpital. D’ailleurs, un rapport de l’Institut Wellesley de 2015 a révélé que le racisme dans le système de santé « est si omniprésent que les gens élaborent des stratégies pour se prémunir contre le racisme avant de se rendre aux urgences ou, dans certains cas, évitent tout simplement de se faire soigner. »

Pour résoudre le problème du racisme ancré dans le système de santé, il faut, entre autres, accroître la diversité dans la profession médicale, notamment en faveur des médecins noirs et autochtones. Les écoles de médecine ont mis du temps avant de faire de la diversité une priorité, mais en 2019, les 17 écoles de médecine du Canada ont mis en œuvre un plan pour stimuler le recrutement d’étudiants autochtones en réponse aux appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation.

Les Canadiens et Canadiennes noirs déclarent également être victimes de racisme dans le système de santé, et ne se sont jamais vus représentés parmi les médecins qui leur prodiguent des soins. Toutefois, des signes de changement existent : l’Université de Toronto rapporte un nombre record d’étudiants noirs admis au programme de médecine générale de sa Faculté de médecine pour le trimestre d’automne 2020.

« Il est important d’avoir plus de médecins noirs, car nous ne participons pas à la communauté médicale à la hauteur de notre poids démographique . Nous ne sommes pas représentés dans les soins de santé ou dans les équipes de direction dans les mêmes proportions que dans la société, principalement en raison des répercussions sociales complexes du racisme antinoir systémique », a déclaré dans une entrevue récente Onye Nnorom, médecin de famille et cheffe du dossier de la santé des Noirs à la Faculté de médecine de l’Université de Toronto. « Il faut faire plus : le nombre de médecins noirs en Ontario devra doubler pour être proportionnel à la population noire de la province », a-t-elle ajouté.

Selon l’organisme Black Physicians of Canada, la diversité dans la profession médicale a également pour effet de mieux servir les populations noires, car « les patients noirs sont plus susceptibles de se sentir à l’aise avec des médecins noirs et plus enclins à observer certaines mesures préventives prescrites par des médecins noirs ». Les médecins noirs sont également plus enclins à travailler dans les communautés noires, où les taux de certaines maladies chroniques ont tendance à être plus élevés et où les obstacles aux soins sont plus importants.

En même temps, les médecins noirs et autochtones, contrairement aux autres médecins, peuvent faire face à plusieurs obstacles, notamment les préjugés sur le lieu de travail, le manque de possibilités de mentorat et les obstacles à l’avancement – autant de facteurs susceptibles de rendre la pratique de la médecine plus difficile.

La résolution du problème du racisme dans le système de santé nécessitera une approche pluridimensionnelle et globale. D’autres solutions pourraient consister à améliorer la collecte de données fondées sur la race, à permettre aux médecins ayant une formation médicale étrangère d’obtenir un permis de travail au Canada, et à sensibiliser les personnes travaillant dans le domaine médical à l’histoire complexe de la colonisation au Canada. Pour un avenir véritablement équitable, même après la pandémie de la COVID-19, le Canada devra accepter ces changements et s’engager à adopter des pratiques antiracistes dans son système de santé à tous les niveaux.

L’Institut pour la citoyenneté canadienne et l’ambassade du Canada au Mexique ont participé au troisième d’une série de trois dialogues entre le Mexique et le Canada portant sur l’histoire riche et tumultueuse façonnée par la colonisation que partagent les deux pays. Nous avons abordé l’héritage du colonialisme, à la fois vaste et profondément ancré : du classisme et de l’inégalité économique au racisme et au tokénisme (pratique qui consiste à inclure des personnes des minorités pour donner l’illusion d’être inclusif).

Depuis longtemps, nous savons que ces systèmes doivent être démolis. Le projet est vaste, mais prend racine dans chacun de nous comme personne et dans les relations que nous établissons avec celles et ceux qui nous entourent.

En vedette

– Présentateur : Ambassadeur Graeme C. Clark
– Allocution de la très honorable Adrienne Clarkson
– Animatrice : Juana Inés Dehesa
– Invité·e·s : Kamal Al-Solaylee (Canada), El Jones (Canada), Judith Bautista Pérez (Mexique)

Principaux points 

Le colonialisme, plus particulièrement l’exploitation des terres et des personnes, a créé des inégalités aussi bien à l’échelle mondiale que nationale. D’emblée, plusieurs conviennent qu’il était nettement visible à « l’ère colonialiste » de l’Amérique du Nord, par l’assujettissement au grand jour des peuples autochtones, l’extraction des ressources et la traite des esclaves. Or, cette exploitation ne s’est pas éteinte au 19e ou au 20e siècle. Elle sévit encore aujourd’hui, dans nos vies quotidiennes.

Forgée au fil des 100 dernières années d’inégalités, l’exploitation des terres et des personnes se manifeste encore aujourd’hui dans les différences de statut politique, l’extraction des ressources ainsi que les dynamiques d’emploi. Les Autochtones, les personnes noires et les immigrants rencontrent tous des obstacles à leur participation citoyenne. Notons entre autres le refus explicite du droit de vote, parmi une variété de moyens visant à conserver le contrôle sur les terres et les ressources. À maintes reprises, au Canada comme au Mexique, les peuples autochtones ont lutté pour empêcher l’extraction sans leur consentement de ressources sur leur territoire – ou ses conséquences. Ces groupes sont depuis toujours représentés de manière disproportionnée – et mal payés – dans des rôles de subalternes ou en travail de première ligne (comme l’aborde le livre de Kamal Al-Solaylee, Brown), et assument les risques, la douleur et le danger de mort qui découle de ce type de travail à l’ère de la COVID-19.

Les hiérarchies raciales sont montées de toutes pièces, et cette construction est un élément essentiel à l’exploitation. La fluidité des hiérarchies raciales montre bien leur nature construite. Cette fluidité se manifeste non seulement dans l’interprétation variable qu’ont les différents milieux de l’origine ethnique d’une personne et du statut social associé à cette origine, mais aussi dans des groupes entiers de personnes, par exemple, les Irlandais dans l’Amérique du 19esiècle, qui ont vu leur position hiérarchique associée à leur origine évoluer au fil du temps. La construction de cette hiérarchie, la déshumanisation et la dépréciation de certains groupes de personnes, qui continuent aujourd’hui d’être inoculées en nous dès le plus jeune âge, ont toujours été des catalyseurs importants de l’exploitation permettant de justifier implicitement un traitement injuste et inéquitable, dont l’esclavage, le travail en servitude, l’exclusion politique, l’appropriation des terres et l’accroissement des plus graves conséquences environnementales du capitalisme crasse : la pollution et le réchauffement climatique.

Au Canada comme au Mexique, trop nombreux·euses sont ceux et celles qui entretiennent le mythe voulant que le racisme et l’exploitation fondée sur l’origine ethnique soient chose du passé, alimentant ainsi ignorance et inaction sur ces enjeux. Au Canada, bon nombre de gens regardent notre politique officielle de multiculturalisme, la comparent à ce qui se passe aux États-Unis, puis concluent que le racisme n’est pas un problème ici. Au Mexique, pour certains, puisque la proportion de métis est la plus grande dans la population (personnes d’origine mixte, habituellement européenne et amérindienne), le racisme n’existe pas. Dans les deux pays, une supposée méritocratie capitaliste (ignorant l’oppression passée) et les nominations politiques tokénistes de personnes noires, de couleur et autochtones servent certes à apaiser les esprits, mais échouent à véritablement assurer une justice raciale.

Ce que nous voulons, c’est la justice. Pour y parvenir, nous devons admettre que le colonialisme et le racisme infectent toujours nos sociétés modernes, puis agir en conséquence pour les éliminer. Nous devons reconnaître la dignité et la valeur inhérente de toutes les personnes et le fait que le colonialisme intériorisé en chacun de nous nous a amené à accepter depuis trop longtemps les inégalités et l’exploitation, voire, à en profiter. Nous devons anéantir les hiérarchies raciales qui existent dans nos esprits pour pouvoir établir une justice durable dans nos politiques, nos interventions et nos économies.