Ross est originaire de la côte sud de l’Australie et est déménagé au Canada en 2015. Il dit avoir choisi de s’installer au Canada pour sa beauté naturelle et sa grande ouverture. Ross est devenu citoyen à la mi-avril 2019 et dit que le plus grand changement pour lui a été « le plaisir de l’anonymat et du multiculturalisme pur. Je me sens libre et chez moi ».
Ross est un fervent utilisateur de Canoo. En plus de visiter les lieux, il profite régulièrement des billets gratuits offerts aux membres de Canoo par courriel pour les concerts et les spectacles. « [Canoo] est merveilleux, dit Ross, j’ai vu mon premier opéra, visité l’AGO, le ROM, et quelques galeries d’art plus petites. Je viens d’assister à un récital de musique que je n’aurais pas vraiment vu sans le laissez-passer. Mon expérience du laissez-passer me permet d’être plus engagé dans les événements dont je n’aurais pas eu connaissance. »
Ross croit fermement à l’importance des arts et de la culture. « J’ai toujours pensé qu’il fallait connaître le passé pour comprendre le présent et l’avenir d’une culture », explique-t-il. « J’ai donc trouvé que les galeries d’art et les musées étaient essentiels pour voyager et pour m’instruire sur le monde. Les galeries, avec leur personnel extraordinaire, font toujours en sorte que l’expérience soit totalement agréable et que le souvenir soit inoubliable. Sans art ni patrimoine culturel d’aucune sorte, nous ne sommes rien du tout; nous ne ferions qu’exister et suivre la vague. Les arts et les lieux doivent être considérés comme un miroir du passé et ils aident à indiquer l’avenir. »
Ross dit qu’il est reconnaissant envers les nombreuses personnes qui ont participé à son parcours de citoyen.
« Je veux juste remercier tous les gens sans visage qui nous aident à devenir canadiens, les gens qui font du bénévolat lors de tous les événements et les gens de Canoo », dit-il. « Surtout, en me rappelant mes premiers sentiments à mon arrivée au Canada, [je crois] que tout est possible ici. Merci, Canada. »
Quelques semaines après sa participation à 6 Degrees Berlin 2020, l’équipe de 6 Degrees a rencontré Åsa Wikforss pour discuter de la désinformation et les fausses nouvelles dans le contexte de la crise de la COVID-19, de son incidence sur l’inclusion, et de la façon dont nous pouvons collectivement contrer les faux récits et la polarisation.
Åsa Wikforss est professeure de philosophie qui fait des recherches à l’intersection de la philosophie de l’esprit, du langage et de l’épistémologie. Grâce à la publication de son livre populaire, Alternative Facts: On Knowledge and its Enemies (pas encore traduit en français), elle est devenue l’une des plus ferventes défenseuses de la raison et de la vérité contre les ennemis de la connaissance. En 2019, elle a été récompensée par un grand programme de recherche interdisciplinaire, « Knowledge Resistance : Causes, Consequences and Cures », financé par la Swedish Foundation for the Humanities and Social Sciences.
Cette entrevue a été modifiée pour des raisons de clarté et de longueur.
6 Degrees : Selon vous, quel est le principal malentendu quand nous parlons de la désinformation ou la définissons?
ÅW : Eh bien, il faut d’abord faire la distinction entre désinformation et mésinformation. En général, la désinformation est plus nuisible parce qu’elle a une fonction de propagande, qu’elle est ciblée – elle est destinée à avoir des effets politiques et à manipuler les émotions d’une manière que la mésinformation ne fait pas. Comme la désinformation est intentionnelle, contrairement à la mésinformation, et qu’elle a pour but d’encourager certaines croyances, elle est généralement plus nuisible.
En matière d’immigration, l’objectif politique est certainement très clair : créer un clivage entre « eux » et « nous », et mettre en avant ce genre de message nationaliste.
L’autre aspect de la désinformation qui mérite notre attention est le fait que ce qu’elle véhicule n’est pas nécessairement faux. Si nous définissons la désinformation simplement comme une information destinée à provoquer de fausses croyances – ce qui est, je pense, une bonne définition – alors vous pouvez désinformer en disant des choses vraies. Vous pouvez faire une sélection de choses qui correspondent à votre récit, en excluant toutes les autres. En ce qui concerne l’immigration en Suède, par exemple, il y a eu un effort très concerté pour créer un faux récit. Dès qu’il se passe quelque chose de mal en rapport avec l’immigration, ils le claironnent encore et encore. Ils utilisent la violence des gangs – qui est un problème de société en Suède – et mettent l’accent sur le rôle des [demandeurs d’asile] pour brosser un tableau de la Suède au bord de l’effondrement.
Ils choisissent leurs faits avec beaucoup de soin, puis disent des choses qui sont en fait vraies, mais le message général est faux. Cela fonctionne assez bien. Mais cela est plus subtil que de carrément dire des faussetés.
Comment vérifier des informations comme celles-ci qui ne sont pas fausses?
C’est exactement la raison pour laquelle ce type de désinformation est beaucoup plus dangereux – vous ne pouvez pas simplement l’identifier comme étant faux. La réponse à ce genre de désinformation est le bon journalisme. Vous complétez les faits manquants et vous apportez la complexité et les nuances qui manquent pour donner une image complète. Le problème est que cela exige un journalisme sérieux pour lequel plus personne n’a de temps ni d’argent. Ce n’est pas non plus aussi passionnant; il est difficile d’obtenir beaucoup de clics en faisant ce genre de journalisme. C’est un type de désinformation qui est dangereux, précisément parce qu’il est difficile de vérifier les faits, et parce qu’en tant qu’êtres humains, nous aimons nous faire raconter des histoires. Alors on se fait avoir.
Cette attirance pour les histoires est-elle liée à nos biais cognitifs? Comment cela nous fait-il tomber dans le piège de la désinformation ou la répandre?
Vous pouvez voir le lien entre les récits et le biais de confirmation, par exemple. Si vous croyez cette histoire selon laquelle la Suède est sur le point de s’effondrer à cause de l’immigration, vous serez enclin à croire les fausses déclarations qui viennent avec, comme les fausses nouvelles sur les immigrants, confirmant l’image que vous avez déjà. De plus, vous serez très attentif aux mauvaises choses qui ont trait à l’immigration et que vous n’auriez peut-être pas vues autrement. Vous êtes à la recherche de preuves qui confirment ce récit que vous avez déjà accepté. Le récit fournit une structure pour vos expériences et les informations qui vous parviennent et les façonne de manière à interagir avec nos préjugés.
Pensez-vous que le fait de prendre conscience de nos biais cognitifs nous aide à les contrecarrer?
Si vous faites référence au biais de confirmation, ça devient intéressant. Ce biais est un mécanisme psychologique inconscient sur lequel nous n’avons pas beaucoup de pouvoir. Tout le monde l’a. Les chercheurs l’ont; ils veulent confirmer leur théorie. Alors pourquoi la recherche fonctionne-t-elle? Cela fonctionne grâce à l’institution. L’institution est créée pour que nous nous examinions, que nous nous interrogions les uns les autres. Il est conçu pour contrecarrer les préjugés et les erreurs. C’est donc la dimension sociale d’institutions bien établies qui permet un raisonnement critique dans un groupe qui nous fait surmonter les préjugés. Nous pouvons contrecarrer les préjugés que nous entretenons au sein d’un groupe.
Cela témoigne de l’importance des institutions et de leur responsabilité.
Les institutions sont la clé de la société démocratique, mais aussi la clé de la science. C’est la clé de toutes les choses auxquelles nous tenons, car, en tant qu’individus, nous sommes assez perdus! Même si nous sommes super intelligents et diligents. Si vous enfermez un scientifique super intelligent, ils vont proposer des théories farfelues, parce qu’il n’y a pas assez de réactions des autres.
Quelles sont donc les stratégies que les institutions peuvent adopter pour contrer la désinformation ou la mésinformation?Ce n’est pas aussi simple que de sortir et de dire aux gens ce qui en est. Nous devrions plutôt sortir et parler de l’institution et de son fonctionnement.
En général, les gens ne savent pas comment les institutions fonctionnent et comment elles arrivent à leurs conclusions. En science, la vérité l’emporte sur le temps. Nous avons des théories, nous faisons des erreurs, mais les choses ont tendance à se corriger d’elles-mêmes, parce que nous avons l’institution. Je pense qu’il en va de même pour le journalisme. Quelle est la différence entre une institution journalistique sérieuse et une plate-forme de propagande, si ce n’est les intentions? La façon dont elles fonctionnent. Ont-elles des vérificateurs de faits, des rédacteurs, des processus d’examens internes? Elles doivent expliquer clairement leur mode de fonctionnement pour qu’on puisse leur faire confiance.
Ce dont vous parlez, c’est de transparence. Cela aurait-il le même effet au sein du gouvernement et de la société civile?
Je pense que la transparence est également essentielle dans ce domaine. Quand nous regardons la situation de la COVID-19, nous constatons que chaque gouvernement a des façons différentes de faire les choses. En Suède, nous avons des politiciens et une autorité sanitaire experte. Les politiciens ne peuvent pas prendre de décisions qui ne soient pas recommandées par l’autorité sanitaire. Ils ne peuvent prendre la décision de fermer toutes les écoles tant que l’autorité sanitaire ne l’a pas ordonné. C’est une sorte de transparence qui m’a fait faire beaucoup plus confiance aux décisions politiques. On pourrait donc penser que la transparence, lorsqu’il s’agit des institutions politiques, pourrait avoir une fonction similaire. Si vous voulez instaurer la confiance, c’est exactement ce qu’il faut faire.
Qu’en est-il des actions individuelles visant à contrer la désinformation et la mésinformation? En particulier dans le contexte de la COVID-19.
Pour ce genre de choses, il faut se tourner vers les sources les plus établies, où il y a une institution qui soutient les informations qui sont diffusées. Ne cherchez pas « Paul ici et Paul là » et sa plateforme, ou tout ce que vous réussissez à trouver. Avec la COVID, tous les scientifiques du monde y travaillent. Et quand il y aura de vraies nouvelles, elles seront connues. Tenez‑vous en aux sources sérieuses et établies, et acceptez l’incertitude. N’échangez pas l’incertitude contre une certaine certitude quant à ce qui est faux.
Considérez-vous que la diffusion de la désinformation et de la mésinformation constitue une menace pour la société civile et la participation civique?
Bien sûr. C’est l’objectif, la plupart du temps. Il existe un certain type de propagande politique dont le but est de dresser un groupe contre un autre. C’est ce que font les Russes en Suède, et aussi aux États-Unis. Ils veulent maximiser la polarisation. Ils lèvent le voile sur des enjeux polarisants, comme l’immigration, et conduisent à la désinformation de telle sorte qu’un côté perçoit l’autre côté comme aliéné. C’est une chose que la désinformation a réussi à faire : donner une image faussée et horrible de l’autre côté. Et, bien sûr, cela affectera la société civile. La désinformation est diffusée sur les médias sociaux, mais elle ne peut pas y être contenue. Elle a également des effets dans la vie réelle.
Dans ce contexte, comment concilier la nécessité de corriger la désinformation et les malentendus avec celle de rassembler les gens par l’entremise de valeurs communes afin de réduire la polarisation?
Cela dépend du contexte. Mais, dans la société, nous devons y faire face. Nous le savons grâce à la recherche sur le féminisme et la micro‑agression, si vous laissez passer cela en public, vous l’approuvez. Ce n’est donc pas vraiment une option. Le défi consiste alors à savoir comment y répondre sans mettre l’autre personne tellement en danger qu’elle ne fera que se retourner contre elle. Si vous regardez les recherches sur la résistance aux faits, il est important de se rappeler qu’il s’agit d’émotions, et non d’un déficit d’information. Il en va de même pour les commentaires haineux, les insultes à caractère racial, ou autres choses de ce genre. Dans le contexte public, il faut s’exprimer, mais de manière à ce que l’autre personne ne se sente pas menacée ou n’ait pas honte, car cela n’aidera pas non plus. Et c’est un équilibre délicat!
Et il y a la question de ce que vous faites en ligne. Êtes-vous obligé de publier ceci ou cela? Ou le faites-vous seulement pour « nourrir les trolls ».
En ligne, c’est plus difficile, les trolls sont souvent affamés. Cela dépend aussi du contexte, et votre message n’aura peut-être pas l’effet escompté, à savoir de faire changer les idées Cela n’arrivera pas.
Laissez-moi vous parler de Mina Dennert et du mouvement #iamhere. Elle regarde ces personnes qui naviguent sur Facebook et, plutôt que de s’attaquer aux personnes haineuses, elle soutient celles qui sont sujettes à leurs commentaires. C’est peut-être le moyen le plus efficace de freiner les gens malveillants Les amener à se poser la question : « Est-ce vraiment de ce côté‑ci que je veux me trouver? Cela fonctionne vraiment bien, et c’est très émouvant à voir.
Et dans la vie réelle, on peut faire quelque chose de similaire. « Nous sommes là, et nous n’allons pas laisser faire ça. »
Il sera intéressant de voir le après‑COVID-19, peut-être que cette crise aura réussi à contrecarrerr la polarisation. En Suède, je le sens déjà un peu, les gens se rassemblent. Je viens de voir des statistiques qui montrent que le parti nationaliste populiste suédois – un parti fasciste, en fait – a été aussi important que les sociaux-démocrates ces derniers temps, mais la semaine dernière, leur soutien a diminué et les sociaux-démocrates ont pris de l’ampleur.
Vous pouvez sentir qu’il y a un mouvement vers le « nous » à nouveau. Nous devons nous rassembler et nous aider mutuellement. Ce genre de crise pourrait donc contrecarrer la polarisation.
Pour en savoir plus sur la mésinformation, la désinformation et la lutte contre les faux témoignages, consultez le site de la CPI Projet pour la résilience citoyenne.
À compter d’aujourd’hui, le Musée de la nature et des sciences est partenaire avec Canoo et permet aux nouveaux citoyen(ne)s canadien(ne)s de visiter gratuitement.
Canoo est une application mobile qui aide les nouveaux citoyen(ne)s canadien(ne)s à célébrer leur citoyenneté en leur offrant des entrées gratuites dans plus de 1 400 musées, centres de sciences, galeries d’art, parcs et sites historiques à travers le Canada.
Le Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke fournit des activitées comme par exemple, expositions, spectacle multisensoriel, activités éducatives, conférences et événements corporatifs. Leur mission est «inspirer, émerveiller et rendre accessible à chacun la découverte de la nature, des sciences et la richesse de nos collections issues du patrimoine naturel».
Si vous êtes membres de Canoo et vous êtes à Sherbrooke, QC, ou à l’entour de cette région, consultez l’application Canoo pour en apprendre d’avantage sur le Musée de la nature et des sciences et aller visitez l’endroit!
Pour trouver d’autres lieux à visiter près de vous, assurez-vous d’activer les services de localisation sur l’application Canoo. Pour apprendre plus davantage sur l’application, consulter notre Centre d’aide Canoo.
Le jour où le Canada est devenu une démocratie est indéniablement un moment décisif de notre histoire. Il y a 172 ans, un 11 mars, Lord Elgin, alors gouverneur général, a chargé Louis-Hippolyte LaFontaine de former un nouveau gouvernement. Pourquoi? Parce que la grande coalition des réformistes du Haut et du Bas-Canada avait remporté une nette majorité lors de l’élection de 1848. Pour la première fois de toute l’histoire de l’Empire britannique, force était d’admettre que le peuple, et non plus les pouvoirs impériaux, déciderait des personnes qui allaient former le gouvernement.
Le 11 mars 1848 représente ainsi l’une des dates les plus importantes de l’histoire canadienne. Celle-ci marque le début de ce qu’il conviendrait d’appeler le Canada moderne. Le début d’un gouvernement responsable au Canada, serait une autre façon d’exprimer que le11 mars représente une date marquante de l’idée désormais axiomatique voulant que la gouvernance ne soit convenablement assurée que par des représentants élus par les citoyens et non par les pouvoirs coloniaux. Voilà qui fut un moment décisif pour la démocratie représentative au Canada, marquant un tournant fondamental quant à ses modes de gouvernance et jetant les bases juridiques d’une société fondée sur l’inclusion et l’égalitarisme.
En mars 1848, un gouvernement réformiste, dirigé par Louis-Hippolyte LaFontaine et Robert Baldwin, que l’on appelait le « grand ministère », a pris le pouvoir de la Province unie du Canada (les territoires aujourd’hui connus comme étant l’Ontario et le Québec). Au cours des trois années durant lesquelles il a été au pouvoir, le gouvernement réformiste a jeté les bases juridiques de l’égalitarisme, instauré un système d’éducation publique et insisté sur une approche non violente de la politique. (Lorsque des manifestants ont incendié le Parlement de Montréal, le gouvernement a ordonné aux forces policières de ne pas ouvrir le feu sur la foule.) Comme l’a fait remarquer John Ralston Saul, auteur et cofondateur de l’ICC, ce fut une amorce assez « incroyablement atypique » de démocratie moderne au Canada, si l’on se réfère au climat politique discordant qui régnait à l’époque tant en Europe qu’aux États-Unis. L’inclusion, les restrictions, le débat, la représentation et l’égalitarisme constituant les préceptes d’une saine gouvernance, selon notre conception contemporaine des choses, furent établis par un improbable duo héroïque formé d’un catholique francophone et d’un protestant anglophone.
« La première loi adoptée par le grand ministère a donné lieu à une politique d’immigration canadienne conçue pour protéger les immigrants. Il s’agit là de la base de nos politiques actuelles sur les réfugiés, l’immigration et la citoyenneté, » affirme John Ralston Saul, qui a écrit une biographie sur les deux dirigeants. « LaFontaine et Baldwin ont montré, par leur exemple, que la démocratie au Canada ne fonctionne que si nous sommes prêts à mettre de l’avant de grandes idées et politiques renforçant l’égalitarisme et le bien public. »
En 2000, John Ralston Saul a créé la Conférence LaFontaine-Baldwin, un rendez-vous annuel en compagnie d’un grand intellectuel public. La Conférence qui rend hommage au legs de LaFontaine et Baldwin, réunit des Canadien·ne·s autour d’un débat et d’un dialogue dans l’esprit du bien public. Parmi les conférencier·ère·s y ayant déjà pris part, il y eut George Erasmus, Shawn A-in-chut Atleo, Son Altesse l’Aga Khan, Naomi Klein, Naheed Nenshi, Robert Lepage, Michael Sandel et Sue Gardner.
Cliquez ici pour plus de détails sur la série de conférences LaFontaine-Baldwin antérieures.
Rencontrez Susan Shaw, membre Canoo de Calgary.
Susan a choisi de s’installer au Canada parce qu’elle voulait un pays avec « un avenir – et de la neige! » Elle aime l’espace, les montagnes, les gens et le sentiment de sécurité que lui procure le Canada.
Son endroit préféré est le Kananaskis Country, en Alberta. Cet endroit, situé dans les parcs de l’Alberta, offre de magnifiques vues sur les montagnes. Susan a passé de nombreuses nuits dans le parc lors d’un voyage en voiture de l’Alberta à la Colombie-Britannique avec ses enfants.
Susan pense que les lieux culturels « enseignent aux personnes qui n’ont pas grandi en étant canadiennes ce qu’est l’histoire du Canada, comment [le Canada] reflète la diversité de tous ses citoyen·ne·s, originaires d’ici ou d’ailleurs »
Elle aime utiliser Canoo pour visiter des lieux culturels. « J’ai adoré faire des recherches et découvrir des lieux que je n’aurais pas connus si je n’avais pas eu l’appli Canoo. L’application est super conviviale et j’ai des réactions positives des gens lorsque je montre mon appli Canoo, on me félicite et on m’accueille en tant que nouvelle Canadienne », renchérit-elle.
Ananya Ohri, directrice artistique du projet Home Made Visible (HMV)
Home Made Visible (HMV) est un projet d’archivage à l’échelle nationale géré par le Festival du Film de Regent Park, le plus ancien festival du film communautaire gratuit de Toronto. Ce projet met en vedette l’histoire des populations noires, autochtones et de couleur. Sous la direction artistique d’Ananya Ohri, le projet HMV a permis de rassembler des films amateurs tournés par des personnes noires, autochtones et de couleur (BIPOC) de tout le Canada pour les numériser et les archiver gratuitement. Ce projet a également réuni des artistes autochtones et membres de minorités visibles pour qu’ils·elles explorent les liens qui unissent ces collectivités à la fois vastes et diversifiées. Les œuvres d’art publiques et les films amateurs numérisés ont été présentés dans le cadre de plusieurs projections publiques partout au Canada. Le projet HMV a pris fin en 2019, mais les films d’archives produits sont toujours accessibles dans les bibliothèques de l’Université York.
Pourriez-vous nous en apprendre un peu plus sur vous et sur votre intérêt pour les films et les archives?
Je suis née en Inde et je suis arrivée au Canada à l’âge de 10 ans. Lorsque ma grand-mère a déménagé au Canada pour y passer les dernières années de sa vie avec sa famille, elle n’a pas pu amener tous les documents et toutes les photos qu’elle gardait dans son appartement à New Delhi. À bien des égards, cela a été une immense perte. Pourtant, je sais que je peux rester en contact avec mon histoire autrement. Je peux en parler à d’autres membres de ma famille, je peux visiter des sites et je sais que des copies numériques de ces documents et de ces photos existent quelque part. Je me sens donc privilégiée. Que se passe-t-il si vous n’avez aucun moyen de rester en contact avec votre passé? Que se passe-t-il si d’autres reconstituent votre histoire? Qu’ils tentent de déterminer d’où vous venez, qui sont les membres de votre famille ou non? Pour de nombreux peuples qui ont vécu (et qui continuent de vivre) des déplacements et qui ont été ou sont toujours sous l’emprise de l’esclavage et de la colonisation, c’est une réalité. Ces gens ont travaillé dur pour retracer leur histoire et renouer avec ce passé qui est source d’intégrité et de fierté, qui leur sert d’ancrage et qui fait écho aux personnes qu’ils·elles sont et qu’ils·elles sont en train de devenir.
Les archives, et en particulier les archives personnelles et communautaires, sont importantes à mes yeux, car elles permettent de découvrir des histoires qui ont été mises de côté, marginalisées ou mal interprétées. Ces archives mettent en évidence toute la nuance et toute la complexité passées sous silence ou simplifiées. Elles démontrent que nos histoires individuelles sont importantes pour nous ET pour la communauté à laquelle nous appartenons. Elles nous rappellent que nous devons faire honneur notre passé, particulièrement si nous pensons que cela n’en vaut pas la peine ou que c’est trop difficile.
Lorsque j’en aurai le temps, je commencerai à retracer les photos et les documents de ma grand-mère. Ils me permettront de voir les forces de l’histoire qui m’ont façonnée en plus de présenter une tranche de l’histoire qui appartient à tout un peuple.
Dites-nous comment le projet Home Made Visible (HMV) a commencé.
Le projet HMV a été mis sur pied parce que d’une part, les films amateurs tournés par les personnes noires, autochtones et de couleur ne faisaient pas partie de nos archives institutionnelles et que d’autre part, à moins d’être numérisés, les rubans et les bobines de ces films amateurs risqueraient de se dégrader rapidement.
Le projet a également été lancé parce que notre travail au Festival du Film de Regent Park m’a permis de reconnaître l’importance de présenter la joie de vivre des personnes BIPOC. Ces films amateurs sont pleins de joie de vivre. Nous avons donc entrepris de demander aux gens s’ils avaient des films amateurs, nous les avons ensuite numérisés gratuitement et avons conservé une copie d’une partie de chaque film pour les archives de l’Université York. Ces archives répertorient des scènes remplies de joie de vivre, qui, je l’espère, inspireront de nouvelles histoires, de nouvelles images et de nouvelles représentations qui renforcent notre capacité d’être des gens joyeusement complexes.
Quelles ont été vos premières réflexions sur l’importance que jouent ces archives pour façonner qui nous sommes? Comment ont-elles évolué à mesure que vous vous êtes impliquée dans le projet HMV?
Je voulais préserver les films amateurs et compiler des archives qui encourageraient de nouvelles histoires – des histoires joyeuses – sur les peuples noirs, autochtones et de couleur, car les récits portent davantage sur les événements plus difficiles.
Au cours des trois années qu’a duré ce projet, j’ai appris à mieux apprécier le temps nécessaire pour créer des archives et pour que ces archives rejoignent les gens. Après avoir numérisé 300 films et avoir archivé des extraits de chaque collection donnée par des familles, nous devons créer des moyens pour faire en sorte que des artistes, des universitaires et des esprits curieux ne se contentent pas de les consulter, mais pour qu’à partir de ces films, ils puissent créer quelque chose qui rejoint un public plus large. Ces archives existent depuis moins de deux ans seulement et il reste du chemin à faire, d’une part en ce qui a trait à la documentation à préserver et à recueillir, mais aussi en ce qui à trait aux personnes qu’elles peuvent rejoindre. Elles pourront alors mieux représenter la joie de vivre des peuples noirs, autochtones et de couleur.
En quoi les films amateurs sont-ils différents des autres documents d’archives et que peuvent-ils apporter à la représentation?
Traditionnellement, les documents d’archives sont des documents officiels (comme des documents de propriété) ou des documents anthropologiques (comme les photographies et les rapports des explorateurs). Historiquement marginalisés, les peuples noirs, autochtones et de couleur, aussi divers soient-ils, ont souvent été exclus des documents officiels, notamment parce que leurs membres ne pouvaient pas être propriétaire foncier; ils·ont donc été mal représentés ou laissés de côté dans les documents anthropologiques. Dans les films amateurs, au moins une personne de la communauté a saisi l’instant qu’il ou elle voulait saisir, de la manière dont il ou elle voulait le saisir. Il s’agit d’un document d’autopréservation et d’autoreprésentation.
Les personnes noires, autochtones et de couleur ont lutté pour raconter leur passé, souvent difficile en raison de l’histoire du Canada. En documentant la joie de vivre dans des archives, j’espère que les histoires que nous racontons seront plus complexes, qu’elles ne porteront pas toujours sur une question à laquelle il faut réfléchir, mais qu’elles montreront des êtres humains vivant toutes sortes d’expériences.
Pourriez-vous nous en dire davantage sur votre intérêt pour l’exploration de la façon dont nos diverses histoires convergent?
Le terme « peuples noirs, autochtones et de couleur » est tellement vaste : il réunit des identités en fonction de similitudes à l’égard de la relation entretenue avec les peuples blancs et la suprématie de la race blanche. En quoi ces différentes identités, avec leurs expériences, leurs croyances, leur histoire s’entrecroisent-elles? Comment ces points de convergence peuvent-ils mener à une libération partagée? Ce sont là des questions qui suscitent mon intérêt et qui m’ont amenée à chercher comment nos histoires convergent sur cette terre qu’on appelle le Canada. Je veux notamment présenter un cadre où des artistes noirs et de couleur se sentent soutenus dans leur engagement, au-delà des idées sur la migration, sur les déplacements et sur la diaspora pour ainsi explorer leurs liens avec les peuples autochtones et la colonisation.
Quelle a été la réaction aux œuvres d’art et aux clips sélectionnés?
Il y a eu toutes sortes de réactions : certains ont été émerveillés par cette nouvelle perspective, alors que d’autres ont été simplement éblouis par la joie de vivre. J’espère que ces œuvres encourageront les gens à archiver de leurs propres films. Dans certains cas, c’est ce que j’ai pu constater, particulièrement lors des ateliers.
Cette entrevue a été modifiée pour des raisons de clarté et de longueur.
Le Festival du Film de Regent Park est le plus ancien festival de film communautaire gratuit de Toronto. Il est consacré à la présentation d’œuvres indépendantes locales et internationales portant sur des personnes de tous les horizons et il privilégie les œuvres des communautés à faible revenu qui vivent dans des logements sociaux. Les films présentés brisent les stéréotypes et démontrent qu’aucun lieu et que personne a une seule histoire.
Rencontrez Shameka, membre Canoo, et sa famille.
En tant que nouvelle citoyenne canadienne, Shameka estime que la citoyenneté active est une pratique importante. « Pour moi, la citoyenneté active est synonyme d’engagement dans sa collectivité, quelle que soit l’ampleur de l’activité », explique Shameka. « [Par exemple,] siéger au conseil de parents à l’école de ses enfants, faire du bénévolat pour parler de sa carrière lors d’une journée d’orientation ou faire un don à votre banque alimentaire locale. Il n’est pas nécessaire que ce soit quelque chose de compliqué; il faut juste que ce soit quelque chose qui ait une incidence sur les autres et qui fasse une différence dans leur vie. »
« Le meilleur endroit que j’ai visité en utilisant Canoo était le TELUS Spark Science Centre », dit Shameka. « Nous sommes allés un jour férié et c’était plutôt achalandé, mais mes enfants se sont bien amusés… pour une fois, mon fils de cinq ans ne s’est pas plaint qu’il s’ennuyait et ne voulait plus partir! C’était tellement agréable de voir mes enfants explorer le centre et poser des questions sur le fonctionnement des choses [et même] se lancer des défis sur le fonctionnement des appareils. Je ne les ai jamais vus aussi participatifs. Nous nous sommes donc abonnés au centre. Grâce à Canoo, ma famille a eu l’occasion de visiter des endroits que nous n’aurions jamais pensé visiter et nous avons adoré notre expérience! »
Shameka dit que selon elle, les lieux culturels « aident les gens à mieux apprécier et comprendre les différentes cultures, ce qui leur permet de se sentir plus connectés et plus à l’aise en société. »
À compter d’aujourd’hui The Market Gallery est partenaire de Canoo et permet aux nouveaux·elles citoyens canadiens de visiter ses installations de gratuitement.
Canoo est une appli mobile qui aide les nouveaux citoyens canadiens à célébrer leur citoyenneté en leur offrant l’entrée gratuite dans plus de 1 400 musées, centres de sciences, galeries d’art, parcs et sites historiques à travers le Canada.
Membres Canoo de Toronto et de la région, consultez votre appli pour en apprendre davantage sur The Market Gallery et visitez l’endroit!
Pour trouver d’autres lieux à visiter à proximité, assurez-vous d’activer les services de localisation de l’appli Canoo. Apprenez-en davantage sur l’appli en consultant notre Centre d’aide Canoo.
Faites la connaissance de l’une des membres Canoo du nom de Christine Samonte.
Christine a immigré au Canada il y a plus de dix ans et vit maintenant dans la région de Calgary. Elle a obtenu sa citoyenneté canadienne en juin de cette année. Christine a choisi de s’établir au Canada en partie parce que « c’est l’un des plus beaux pays du monde! »
La ville préférée de Christine au Canada est Vancouver, mais son endroit préféré au pays est le parc national Banff, qu’elle visite régulièrement. « J’adore aller à Banff à cause de ses paysages incroyables, » dit-elle.
Elle croit que Canoo contribue grandement à l’inclusion sociale, car cela lui permet de « rencontrer et d’observer des gens de différentes cultures » au Canada. « Ce que j’aime le plus au Canada, c’est la diversité de son peuple et de sa culture, » dit-elle.
Faites la connaissance de l’un des membres Canoo du nom de Vikash Raghoebier.
« J’ai choisi le Canada en raison de ses lois libérales et de sa culture d’intégration », explique Vikash. Il ajoute : « Ce que j’aime le plus dans ce pays, c’est ce fait de pouvoir être vraiment soi-même, en plus des beaux paysages ».
« Pour moi, l’inclusion est en lien direct avec les valeurs d’égalité, de respect et de dignité de chacun, sans aucun préjugé », précise-t-il.
La ville canadienne préférée de Vikash est Montréal. « La diversité de ce pays se reflète dans cette ville agréable et animée, où les arts et les saveurs se mélangent avec finesse et où les cultures sont célébrées avec faste », affirme-t-il. « Montréal, c’est aussi une capsule historique avec sa magnifique architecture, qui m’a rendu nostalgique d’un passé inconnu. Je m’y suis fait des amis incroyablement vite! »
À Montréal, Vikash a aimé visiter les lieux culturels proposés par Canoo. « C’est dans les lieux culturels que la dynamique sociale se forme, au tout début du processus d’intégration. Voilà pourquoi l’inclusion sociale repose fortement sur ces sites culturels », précise-t-il. « Canoo a été le plus beau cadeau qu’un nouveau citoyen canadien peut recevoir. Après tous ces mois, grâce à Canoo, je sens que je connais mon pays mieux qu’avant et que le voyage a été enrichissant, tant sur le plan émotionnel que spirituel. »